Mylène Farmer - Album Monkey Me - Critique de Yoann


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Critique de l'album Monkey Me par Yoann :


Elle a dit s'ouvre sur une voix ample, accompagnée de quelques bruits instrumentaux en fond mais la voix de la rousse se livre ici dans son plus bel artifice, elle est claire, forte et douce à la fois. Le sentiment indescriptible de beauté qui se dégage des premières notes ne se désengage pas lorsque Mylène pousse le premier refrain. Paroles saccadées, petites phrases timides et une voix comme on l'aime, aïgue, puissante et d'une douceur sans discontinuer. J’interprète cette chanson comme un soutien aux homosexuels avec des phrases comme "Elle aime une fille". Une chanson très agréable qui pousse à écouter la seconde.
Immédiatement, j'ai l'impression de retrouver Mylène Farmer comme avant, comme à l'époque Innamoramento. Laurent Boutonnat nous livre des instrumentalisations comme "au bon vieux temps".


J'en arrive donc à la seconde chanson de l'album :
A l'Ombre que l'on connait maintenant très bien puisqu'il est le premier single de l'album est un brin trop électro pour moi. Bien que les paroles soient d'un double sens Farmerien, que la musique soit digne de morceaux comme Sextonik et Réveiller le monde, je n'accroche pas autant qu'au reste. Le synthé et le brin "techno" qui s'en dégage est trop puissant pour moi. Ca ne m'étonne pas qu'elle soit si rapidement remixée car elle s'y prête, à l'image de titres comme Libertine, c'est du vrai bon pop-rock que l'on découvre sous la couche Boutonnesque.


Après cette deuxième chanson agréable mais pas extraordinaire vient le tour de la chanson éponyme, Monkey Me et j'aurais qu'un mot pour débuter l'étude de cette chanson. MAGNIFIQUE.
Une intro électo mais très rapide, quelque chose de grandiose, de génial se dégage de ce refrain. "C'est un autre moi, c'est Monkey Me". Extraordinaire de découvrir à quel point Boutonnat apporte une musique parfaite aux textes de Mylène Farmer. La Rousse se donne personnellement sur cette chanson qui me rappelle un peu (mais très rapidement) l'album Point de Suture, un brin de Sextonik dans ce rythme mais également d'Appelle mon numéro... La batterie très présente surement, en arrière plan tout le long de la chanson qui révèle tellement bien la voix de Mylène. Un petit reproche pour la fin que je trouve trop brutale, vraiment pas assez bien organisée, mais qui n'aura besoin d'aucun réarangement pour la tournée Timeless, car justement ce bruit de deux secondes pour signaler la fin de la chanson est parfait pour les concerts et les poses "statues" que nous offre Mylène à la fin de certaines chansons.


Tu ne le dis pas quant à elle s'inscrit dans une tradition du duo fatal Mylène/Laurent. De très bons airs d'anciennes chansons, carrément du Sextonik même grâce à cette instrumentalisation pop-électrique, et l'alternative dans sa voix, un brin très aigue et dans la seconde après, une voix plus grave. Mais je veux souligner la grâce avec laquelle les changements de timbres sont opérés, ils sont progressifs, harmonieux et toujours cette façon qu'à Boutonnat pour coller à la seconde aux textes de Mylène...


J'enchaine sur une chanson sur laquelle beaucoup ont pu dire du mal avant même de l'écouter, Love Dance qualifiée de "Be me/Sois moi" bis est un exemple parfait du "ne jamais se fier aux apparences". Bien que ce titre se prête aux remixes nombreux et futurs par son côté très "dance" justement. C'est un mélange franco-anglais qui n'a aucune prétention, un bon divertissement, ce n'est pas celle que j'écouterais à longueur de temps parce que j'ai un souci avec l'électro, mais pour ceux qui aimaient Mylène dans Du Temps par exemple, ce morceau est parfait, léger, toujours très puissant et très "techno".


Des deux singles diffusés à ce jour, Quand était mon préféré ! A la première écoute avec la vidéo lyric qui collait parfaitement à l'ambiance, j'étais heureux de voir quelque chose de semblable à l'ancien Mylène. Une chanson douce qui n'explose jamais, qui s'approche toujours des limites mais qui à l'image de ces étoiles tombantes, de ces bougies de fortune perd de la puissance au lieu d'en gagner... Les paroles sont particulièrement magnifiques, hymne à la libération, pamphlet aux douleurs de l'amour inconnu, cette chanson est une révélation, cette chanson est dotée d'un instrumental assez délicat, quelques notes de batterie, un peu de ce qui ressemble à un saxophone...


Après ce monument, J'ai essayé de vivre ne me parait pas bien placé. Le titre n'a pas sa place en position 7, pas après Quand... Mais ça reste une bonne chanson sans trop de vagues, les thèmes chers à Mylène sont évoqués au travers de cette phrase " Ce sentiment de n'être... Rien du tout", ça me rappelle inévitablement "A quoi je sers ?". Mais cette chanson va plus loin, elle nous plonge dans la lutte pour être quelqu'un, pour se faire un nom parmi les millions d'âmes... Elle se voit muse, elle se voit inutile à la fois... Une référence au couple qu'elle formait avant avec Boutonnat ? Bonne question. Cette chanson sera également remixée rapidement car une fois de plus son instrumentalisation en permet de très facile tant elle est faite pour cela.


Ici bas est plutôt le Sois moi/Be me bis pour ma part. Je n'accroche pas vraiment et j'imagine déjà une chorégraphie comme celle de Du Temps (aux NRJ Music Awards par exemple) et je n'arrive pas à y accrocher et pourtant Dieu seul sait comment je suis attaché aux paroles quand elle évoque le "spleen" directement sorti de Rimbaud... Mais le soucis reste l'écriture musicale et la facilité de certaines paroles. Je l'écoute dix fois depuis ce matin et pas moyen de me faire une idée plus précise de ce titre, je la trouve répétitive par exemple...


Après cette petite déception personnelle, quel plaisir de découvrir A-t-on jamais, simplement ce petit solo de guitare en introduction et la voix pure de Mylène qui se met à chanter au bout de quelques secondes, cette instrumentalisation qui monte au fil des secondes jusqu'à devenir de la bonne pop. Cette reprise du mot "Hallelujah" pour en faire de magnifiques jeux de mots plein de double-sens, c'est ça du Mylène Farmer, c'est cette chanson, cette expression déconvenue, cette critique filigranée d'une religion et d'un amour impossible. Je viens d'avoir la confirmation Mylène Farmer est un(e) génie de notre temps.
C'est plein de joie que je découvre le prochain titre.


Nuit d'Hiver est terrifiante pour deux raisons. La première c'est ce cri dans la nuit qui rappelle une très célèbre (du moins dans la sphère des fans) chanson, Chloé. Grandiose ouverture que le cri de Mylène et cette chanson qui n'en est pas une. C'est là qu'intervient le second point terrifiant. C'est que Farmer nous offre une chanson qui n'est pas une chanson... Ca y ressemble, c'est presque une chanson mais c'est un interlude qui sera parfait pour un concert, voire une version sans paroles juste avec le "Chloé" qui revient le temps que la rousse se change par exemple... Elle n'en reste pas moins un interlude gratifiant et agréable. C'est le coeur plein d'émotion d'entendre Mylène appeler Chloé que j'écoute A force de.


Cette chanson s'ouvre un peu comme A l'ombre. Sauf la voix qui hurle presque tellement les paroles sont belles. On voyage à Vienne, on nous parle de la dépression, on nous parle de ce monde qui est de plus en plus individualiste, de ces gens qui ne prennent plus le temps de voir les autres, de se rendre compte de la beauté de la nature... Grandiose. L'instrumental l'est moins par contre, très simpliste, une batterie, un clavier qui répète plus ou moins le même rythme jusqu'à la fin. Boutonnat n'a pas du y passer dix heures... Dommage, les paroles ne sont pas mises en valeur selon moi.


Et c'est déjà le dernier titre (douze, c'est trop peu) de cet album. Je te dis tout est une conclusion magistrale. Depuis Inammoramento, les ballades manquaient cruellement, nous avions eu le droit à Avant que l'Ombre et Point de Suture mais rien de semblable à l'Amour naissant par exemple... Et cette chanson en est un digne descendant de Mylène. Je suis un garçon assez fort dans le caractère mais je n'ai pas pu ravaler mes larmes. Elles ont coulé d'une force devant cette chanson dramatique et amoureuse. "Tu es mon sang, mon double aimant". Cette force dans la musique, cette force dans la douceur, dans la candeur de la voix, cette façon d'écrire, ce fil conducteur qui nous tient en haleine tout le long. J'en pleure intérieurement encore tellement ce constat est triste et somptueux à la fois.


Je vais conclure en quelques mots maintenant. Cet album à part quelques chansons à part est excellent. D'une part, je le préfère à Bleu Noir parce que le retour de Laurent Boutonnat est certain maintenant, bien qu'Archive, RedOne et Moby avaient eu de beaux titres pour Bleu Noir, rien ne pourra dépasser la force de Boutonnat pour la voix de Mylène Farmer, c'est un artiste certain... Quelques perles musicales mais également des perles littéraires, car on parle trop souvent de Mylène Farmer la chanteuse mais pas assez de Mylène Gautier l'écrivaine qui est pourtant tellement douée. ..

Et voilà pour ma critique :)



 

MF 24/7

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