Thierry Poiraud, qui a réalisé le clip Des lols et des quoi avec son frère Didier, a accordé un long entretien au webzine culturel Capitaine Cinemaxx :
https://capitainecinemaxx.fr/article.php
(l'intégralité de cette interview passionnante est à lire ;
à noter quelques éléments à la fin qui pourraient nous éclairer sur le sens des paroles de la chanson)
Les nouvelles infos sur ce clip, des confirmations d'hypothèses (ou non)
- Tournage à la BNF (site Richelieu) à Paris : « Nous avons choisi la BNF, notamment pour son entrée, qui est immense et très belle. (...) La BNF est justement l'endroit où l'on conserve et où l'on archive les choses. Au niveau du symbolisme, ça nous plaisait plutôt pas mal. (...) Si je parle simplement en termes d'esthétisme, ce qui est très beau à la BNF, ce sont ses volumes. D'un point de vue technique, c'est un lieu qui se prête beaucoup aux contre-plongées, avec quelque chose qui peut rappeler un peu le cinéma western. (...) Le propos du clip et de la chanson correspondait également à ce que racontait la BNF, ce qui a facilité les choses. »
- Le réalisateur a pu accéder à la BNF un mois avant le tournage afin de déteminer les lieux exacts dans lesquels le clip se déroulerait : La grande salle ovale, « après, il fallait trouver quelques autres salles. Je me suis un petit peu promené partout. On pouvait également accéder au dôme, au-dessus, mais il nous manquait la partie musée. Ils nous ont donc proposé quelques endroits auxquels nous pouvions avoir accès et dans lesquels nous pouvions tourner. »
- Deux journées de tournage en dehors des heures d'ouverture de la bibliothèque : « On avait beaucoup répété en amont et, ensuite, il a fallu aller très, très, très vite. C'est quelque chose qu'on ne réalise pas forcément quand on regarde un clip. Et là, il fallait mettre en place une grande mise en scène sans savoir au départ si elle allait fonctionner. »
- Tournage en très grand format numérique proche du format IMAX : « L'intérêt de ces grands formats, c'est qu'ils permettent d'avoir des images très larges tout en conservant très peu de profondeur de champ, ce qui donne une image extrêmement photographique. »
- Le clip se déroule dans les années 50-60 : « L'idée de cette ambiance dystopique venait du message que nous voulions délivrer. C'était un message un petit peu politique, mais nous ne voulions pas l'ancrer dans une réalité contemporaine. »
- Peu de modifications des lieux pour le décor du clip : « On a pris le lieu tel qu'il était. On a vidé une partie des tables, on s'est amusés, on a retravaillé un petit peu l'intérieur et on a surtout joué avec le vide. »
- L'étalonnage : « Toutes les couleurs ont également été retravaillées très en amont. Comme c'était la même équipe avec laquelle j'avais travaillé sur Les Sentinelles, on avait déjà certaines habitudes. On a donc travaillé sur quelque chose d'un peu particulier : on voulait rester relativement moderne et piqué, tout en conservant ce côté un peu vintage apporté par les décors et les costumes. »
- La scène d'interrogatoire n'était initialement pas prévue : « Au début, Mylène ne voulait pas chanter dedans. Elle me disait : "Non, non, non, moi je veux juste un film" Et je trouvais ça dommage. Je lui ai dit : "Les gens vont venir voir le clip et ils vont aussi avoir envie de t'entendre chanter." Je pensais vraiment à son public, pour le coup. » La pièce dans laquelle elle se déroule a été créée deux jours avant le tournage. Deux caméras seulement pour ces scènes. Deux versions ont été tournées avec et sans cigarette par crainte de la censure : « Je voulais aussi lui donner un petit caractère, quelque chose d'un peu punk. Les références étaient assez évidentes : c'est un personnage un peu hors normes. »
- Références et influences
- Fahrenheit de François Truffaut « qui se déroule dans une esthétique très marquée par les années 1960. C'est pour cela que nous sommes repartis vers cette époque : pour décaler un peu le récit, créer une forme de dystopie et prendre de la distance avec la réalité afin de délivrer ce message politique, mais de manière un peu plus poétique. » Les costumes des policiers sont également en partie inspirés de ce film : « Ce sont des costumes qui mélangent les CRS des années 1970, avec les casques qu'on retrouve chez Truffaut dans Fahrenheit, et des tenues qui évoquent un peu les pompiers des années 1960-1970. »
- Le Joker : « Je lui ai aussi donné un petit look un peu "Joker", puisqu'elle sortait évidemment sous la pluie avec son mascara qui avait coulé. Il y avait cette idée entre Batman et le Joker, avec une femme interrogée qui pouvait enfin s'exprimer. »
- La série Mindhunter et le film Conversation secrète réalisé par Francis Ford Coppola, notamment pour la scène de l'interrogatoire (accessoires, décor) : « Je trouve que les vieux ordinateurs sont dix fois plus cinématographiques que ceux que nous avons aujourd'hui. Ils sont très, très beaux. Même s'ils ne fonctionnent pas tous. Certains s'allumaient, d'autres non. »