Souvenirs et analyses autour du sixième album studio de Mylène Farmer, vingt ans après sa sortie...
Il y a vingt ans, le lundi 4 avril 2005, nous pouvions découvrir pour la première fois l'album Avant que l'ombre... (on fera fi ici des innombrables fuites survenues auparavant).
Une autre époque où, le jour J, nous nous ruions vers nos magasins de disques favoris pour choisir CD, vinyles ou K7 avant d'imprégner avec délectation de nouvelles chansons nos ouïes impatientes.
C'est peut-être l'adjectif, on ne peut plus basique, 'long', qui vient à l'esprit lorsque l'on repense, en 2025, à cet album.
La plus longue attente entre deux albums studio de Mylène : six ans ! Record inégalé et qui, on l'espère, le restera...
Il ne faut cependant pas oublier que ces six années ne furent en rien désertiques niveau actualités : une tournée puis l'album live Mylenium Tour, un album best of Les mots avec une exploitation digne de celle d'un album studio, un album de remixes inédits RemixeS et la gestion en parallèle de la carrière d'Alizée.
Avant que l'ombre... est également l'album le plus long de la carrière de Mylène : quinze titres pour une durée de 1h10.
Les ballades dominent, souvent éthérées. Leur multiplicité peut conférer à l'album, pour certains, un côté étiré.
Mais se limiter à cet aspect serait négliger sa grande diversité musicale et la mise en avant de vrais instruments : des titres qui lorgnent vers la pop-électro (genre qui dominera l'album suivant), d'autres plus pop ou simplement de variété française dans le sens le plus noble du terme, parfois dans la continuité de morceaux composés au début des années 2000 pour Alizée.

Si on survole la carrière de Mylène, des périodes charnières s'imposent.
On peut penser à 1986 avec le changement radical de look pour Libertine et l'arrivée du roux flamboyant simultanément à celle des grands clips révolutionnaires.
Difficile aussi de ne pas songer à Giorgino dont l'échec cuisant en 1994 aura peut-être eu un aspect salvateur concernant la carrière de Mylène qui a su alors se réinventer intelligemment, 's'anamorphoser' et éviter de s'engluer dangereusement dans un univers gothico-sombre devenu trop étriqué pour elle.
2005 peut potentiellement compléter cette liste.
Il faut reconnaître que le marché du disque a bien changé entre 1999 et 2005. Les ventes se sont effondrées, le téléchargement s'est développé, parfois sous forme illégale. On a d'ailleurs souvent écrit qu'a sa sortie, le premier single Fuck Them All, avait eu des chiffres de téléchargement illégal dépassant l'entendement. Un fait difficilement vérifiable, mais fort probable et non dénué de conséquences sur les chiffres de vente.
En parallèle, internet s'est démocratisé et Mylène, absente officiellement, y est alors très présente, notamment via des forums qui ne désemplissent pas. Rappelons que les réseaux sociaux n'existaient alors pas.
La rareté, Mylène va choisir, sur l'ère Avant que l'ombre..,. d'en faire une presque empreinte. Zéro promo pour la sortie de l'album et une unique prestation chantée durant toute l'exploitation.
Un petit côté, "je fais ce que je veux...", aussi savoureux que déroutant.
Autre changement : c'est la fin des tubes à la chaîne. Des radios plus frileuses quand il s'agit de diffuser les nouvelles chansons et le retrait médiatique de la principale intéressée y contribuant fortement.

Photos News : Dominique Issermann
À lire : Dossier Avant que l'ombre... Le Bilan
Autre sondage : Vos chansons préférées de l'album
Le plus important reste le ressenti de chacun.
Vous pouvez l'exprimer dans les commentaires ci-dessous et en répondant à ce nouveau sondage :
"20 ans après, que pensez-vous de l'album Avant que l'ombre...".
Un anonyme
le 04/04/25 à 21:41 top comm'